Pour devenir cavalier de compétition en saut d’obstacles, on peut provenir de deux horizons différents :

      – soit vous êtes l’enfant d’un professionnel et naturellement vous vous retrouvez sur le dos d’un cheval avant même de savoir marcher. Puis lorsque vous êtes très passionnés, vous passez votre temps à transformer la cour des écuries en parcours de balais.

Les chiens aussi sautent

Vous sautez à pied dans tous les sens en imitant bien sûr votre cheval et votre cavalier préféré. Après l’apprentissage des bases, vous avez toujours un poney ou un cheval gentil et disponible. Ensuite, dès que l’occasion se présente, vous sautez des barres, sautez des barres et sautez des barres. Ainsi, très jeune vous commencez les compétitions.

 

– soit vous n’êtes pas du tout du milieu mais le cheval vous attire ou attire vos enfants. Vous décidez donc de poussez la porte d’un centre équestre pour peut-être un jour devenir cavalier de concours hippique. En France, nos deux plus beaux exemples sont Pénélope Leprevost et Kevin Staut, médaille d’Or par équipe en saut d’obstacles aux JO de Rio en 2016. Ils ont tous les deux commencé l’équitation dans un centre équestre.

Roger-Yves Bost / Pénélope Leprévost / Kévin Staut / Philippe Rozier

C’est à ce deuxième groupe de personnes que cet article va s’adresser. Je vous donne ci-dessous les premières informations de ce sport si particulier ou nous sommes associés et complices avec un animal : le cheval.

 

1/ Où apprendre à monter ?

      Si vous êtes débutants et que vous essayez d’apprendre par vous-même cela ne sera pas facile voire même dangereux.  Un bon nombre de codes à apprendre est nécessaire pour se familiariser avec sa monture et rester dessus !
Il est donc préférable de prendre des cours avant de s’aventurer et avoir du plaisir avec son cheval.
Dans un centre équestre, vous apprendrez les bases avec un moniteur diplômé sur un cheval habitué aux débutants. Les séances s’effectuent dans un lieu approprié, soit un manège ou une petite carrière.
Les enfants débutent le plus souvent sur des poneys, plus adaptés à leur taille. Les adultes commencent soit directement à cheval ou bien sur des doubles poneys pour les moins téméraires.

! Bien choisir son centre équestre

Je vous conseille de choisir un centre équestre propre qui attache de l’importance à l’approche et au bien être de l’animal. Si vous arrivez dans une écurie mal entretenue, la paille qui vole, plein de boue, les files électriques à terre, les portes de boxes délabrées, les sols en mauvais états … C’est très souvent que les poneys sont également négligés, mal nourris, ont une mauvaise litière et très peu de soins. Alors, dès votre arrivée, ouvrez bien vos yeux.

Ensuite, il est nécessaire que vous appreniez différents gestes et soins : mettre un licol, curer et graisser les pieds, attacher votre cheval, faire son pansage, apprendre à le seller et mettre son filet, savoir ce qu’il mange… toutes ces actions vont vous familiariser avec le cheval. Certains clubs n’apportent pas d’importance à toute cette partie primordiale et très intéressante. Ils vous mettent directement à cheval.

Même si nous vivions mon frère et moi, dans une écurie de compétition et que nous avions plusieurs poneys, nous avons commencé dans un centre équestre. Il était situé en ville. Notre moniteur était compétent et très sympa mais un club à la campagne reste à mon goût plus agréable.

 

2/ Qui peut pratiquer ce sport ?

      Tout le monde peut pratiquer l’équitation !
Dans certains clubs, les enfants sont accueillis dès l’âge de trois ans pour des petites séances de Baby-poney avec des shetlands. C’est une des rares activités qui accepte les tous petits. La majorités des centres équestres les prennent à partir de 5 ans.

séance baby poney

Ensuite, la pratique de l’équitation ne connaît aucune limite d’âge. Avec évidemment un bon certificat médical, certaines personnes s’y mettent à la retraite ! Même en compétition d’ailleurs, quelques cavaliers passent la barre des 70 printemps.
De plus en plus de centres développent l’accès aux handicapés physiques ou mentaux avec des chevaux adaptés et très doux.
Nous entendons souvent aussi parler d’équithérapie, mais là il s’agit plus de soins accompagnés de thérapeutes et non de l’apprentissage de l’équitation avec un enseignant, c’est un autre sujet très passionnant d’ailleurs.
En règle générale, les cours d’équitation commencent par les bases : adopter une bonne position, un bon équilibre, savoir avancer, tourner, contrôler et arrêter son cheval.
Ensuite, c’est l’initiation à plusieurs disciplines : le dressage, le saut d’obstacles, la voltige, le horse ball … Ce n’est qu’après un nombre suffisant d’heures que vous vous orienterez vers votre discipline de prédilection.

Les centres équestres proposent aussi très souvent des balades d’une heure dans la nature. Avec un peu plus d’expérience, ils vous emmènent dans des grandes promenades d’une ou plusieurs journées. Vous traversez les chemins de campagne ou vous profitez de la plage avec les clubs qui ont la chance d’être proche du littoral.

3/ A quel tarif ?

A) Les tarifs des prestations au centre équestre :

      Le tarif d’un cours d’équitation d’une heure en séance collective varient d’un centre équestre à l’autre.
Selon la région, la notoriété, la qualité des infrastructures et de la cavalerie, les prix seront très variables.
En tant qu’adhérents, une cotisation annuelle vous sera demandée, entre 30 et 200 €.
Vous devrez prendre une licence fédérale pratiquant incluant une assurance: 26 € pour les – 18 ans et 37 € pour les + 18 ans.  Puis les cours vous seront facturés entre 15 et 45 euros. Des cartes de 10 séances ou des forfaits trimestriels ou annuels peuvent diminuer légèrement les coûts mais autorisent rarement les absences. Les cavaliers de passage, non adhérents peuvent également prendre une leçon à partir de 20 €.

Vous pouvez ensuite passer des examens qui s’appellent les Galops. Il faut avoir son galop 7 pour monter en épreuves amateur.
Généralement, des stages sont organisés pour préparer le passage de l’examen.

Pour participer à des épreuves officielles, vous devez prendre une licence amateur en plus de la licence pratiquant.

Pour le saut d’obstacles une licence amateur coûte 80 € et une licence professionnelle 330 € en 2020. La licence est valable du 01/09/19 au 31/12/20.

B) les différents équipements :

L’équipement du cavalier : pantalon, bottes ou boots et chaps, gants, gilet de protection sont à votre charge. Le casque qui est obligatoire est à votre disposition. Il est tout de même préférable de vite investir pour plus de sécurité et d’hygiène.

a-Le pantalon d’équitation:

il est fortement conseillé car il n’a pas de couture à l’entrejambe ce qui évite les échauffements et frottements désagréables. Il est aussi renforcé au niveau des genou, le tissu est très élastique et offre plus d’aisance. Le premier prix est à environ 20€ jusqu’à 350€ pour des pantalons blancs de concours de grandes marques.

b-Les bottes ou chaps:

Elles sont indispensables pour protéger les jambes du cavalier, elles atténuent les frottements contre la selle et les pincements de l’étrivière. Il faut vraiment prendre des bottes conçues pour monter à cheval. Plus hautes avec un pied fin et du talon, elles évitent de rester coincé en cas de chute (éviter les bottes de pêche, de jardinage et surtout les baskets). Le coût varie de 30 € pour le premier prix en caoutchouc jusqu’à 1 000 € pour des bottes de marque en cuir sur mesure. Le tarif varie de la même façon pour les boots et mini-chaps.

c-Le casque:

Il est l’équipement obligatoire pour protéger votre tête. Les traumatismes crâniens sont malheureusement courants c’est pourquoi il doit être homologué (normes de sécurités CE : EN 1384). Un habillage intérieur amovible permet de pouvoir le nettoyer plus facilement.

!!! Comme pour la moto, en cas de gros choc, il est impératif de contrôler son casque à l’atelier de la marque ou de le changer. Son prix varie entre 20 et 150 €. Il peut aller jusqu’à 2 000 € pour un casque de marque au design et matériaux derniers cris.

d- Le gilet de protection:

Il est conseillé à tous les cavaliers car en cas de chute le gilet minimise les traumatismes et amortit les chocs en protégeant le dos et le torse. Il doit répondre à la norme européenne EN 13158. Contrairement au casque, il n’est pas obligatoire, excepté en cross, en CCE (Concours Complet d’Équitation) en marathon d’attelage et en TREC (Techniques de Randonnée Equestre de Compétition).
Il existe différents modèles de gilets de protection : gilet de sécurité, coque dorsale, gilet de cross, gilet articulé, gilet gonflable et le gilet airbag qui est le plus efficace mais aussi le plus onéreux. Ce dernier est relié à la selle et en cas de chute il se gonfle en moins d’une seconde. Le cordon tendu perfore la cartouche qui libère le gaz vers les coussins d’air. Le prix des gilets varie entre 50 et 200 €. Quand au gilet air bag, il peut aller jusqu’à 500 € et une cartouche coûte 25 € (toujours en avoir au moins une d’avance).

Sur cette photo, nous pouvons apercevoir le casque, le gilet de protection, le chemisier blanc, les gants, la cravache, le pantalon d’équitation et les bottes.

C) L’entretien et l’équipement du cheval

Les centres équestres fournissent l’équipement du cheval et s’occupent également de son entretien.

apprendre à nettoyer sa selle

Si par la suite, vous décidez d’acheter votre propre cheval, le budget n’est plus du tout le même. Achat du cheval, matériel, entretien, pension … feront l’objet de plusieurs articles.

 

4/ Quelques risques

Le cheval est un animal imposant, lourd et très puissant d’où l’importance d’apprendre quelques principes de bases pour votre sécurité.
L’apprentissage technique est indispensable pour savoir comment se tenir, comment maîtriser son cheval et comment réagir en cas de problème. Ces connaissances sont vites acquises pour une activité de loisir. Par contre cela demandent un travail continu et assidu dès que vous souhaitez faire des compétitions.
Les chutes dans ce sport sont inévitables d’où l’intérêt d’avoir un bon équipement.
Souvent négligé, l’échauffement et les étirements sont nécessaires. Les muscles du cavalier travaillent beaucoup et la fatigue musculaire diminue la finesse des commandes données au cheval. Certaines situations inattendues (cheval qui fait un écart, un demi-tour brusque, qui se met à bondir…) peuvent aussi provoquer des blessures (lumbago, claquage des adducteurs …) à cause d’une absence d’échauffement.

Il est aussi important de bien contrôler votre matériel pour éviter les chutes (cheval mal sanglé, rêne abimée …). Attention aussi à ne pas blesser votre monture (mors mal ajusté, amortisseur mal posé, arçon de selle affessé …)
Le cheval est très docile mais il peut parfois avoir un comportement inattendu. Par mécontentement ou surprise, il peut mordre ou taper. C’est pourquoi il est important que vous connaissiez ses codes, de bien se familiariser avec lui et d’anticiper ses réactions.

 

5/ Les bienfaits de l’équitation pour la santé

A) Sur le plan physique

Comme la plupart des sports de pleine nature, l’équitation pratiquée en loisir ne nécessite pas une condition physique particulière. Par contre, lorsqu’elle est régulière cela devient un sport à part entière. Comme tout sport, cela demande certaines aptitudes physiques surtout lorsque vous souhaitez faire de la compétition.
Si l’échauffement est réalisé avant de se mettre à cheval, les étirements peuvent être effectués avant et après les séances. Un bon gainage pratiqué régulièrement à la maison vient renforcer la ceinture abdominale et améliore votre assiette.

Quelques étirements à la fin de la séance

B) Sur le plan psychique

L’équitation est aussi très riche sur le plan psychique. Vous devez garder votre contrôle et votre confiance pour maitriser votre cheval. Le fait d’avoir cet animal comme partenaire rend ce sport unique. Attention, le cheval est une véritable éponge, il absorbe toutes vos émotions en plus des siennes. Au fur et à mesure, des liens étroits et complices se tissent et procurent un bonheur immense.

C) Sur le plan social

Dès que vous commencez les compétitions, vous vous déplacez plusieurs week-ends sur différents terrains de concours. Nouvel environnement, nouvel organisateur, nouveaux concurrents favorisent à chaque fois de belles rencontres. Il est très facile de se faire de nouveaux amis et de partager des moments très conviviaux.

D) Orientation CSO (Concours de Saut d’Obstacles)

Quand vous êtes décidés à vous orienter pleinement vers la compétition de sauts d’obstacles, cela exige un entraînement du cheval quotidien et sérieux. Il faut une grande maîtrise de votre monture et donc travailler aussi le dressage. Pour être efficace et performant, les codes doivent être le plus précis possibles afin d’avoir une harmonie parfaite sur la piste. Vous devez maîtriser l’impulsion, l’équilibre, la vitesse, la trajectoire, le nombre et la longueur des foulées …  La compétition permet d’avoir un but et d’évoluer vers vos objectifs définis et planifiés afin de toujours progresser. Les concours vous donnent l’envie de vous perfectionner, de vous améliorer, de vous dépasser, de gagner. Cette énergie et cette confiance acquise vous aideront pour vos autres défis du quotidien.

Cette compétition permet aussi de se remettre en question et de rester humble. Vous pouvez passer d’une victoire à une chute en un rien de temps.

Ce sport est si particulier, vous êtes liés avec un animal que vous devez comprendre et respecter. Cela ajoute une difficulté supplémentaire non négligeable. Vous créez une vraie complicité pour former un couple.
Le concours de saut d’obstacles est vraiment passionnant, c’est une formidable école de la vie.

Alors, allez-y !!!

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